Cocaïne : la génétique s’en mêle

Cocaïne : la génétique s’en mêle

La dépendance à la cocaïne touche environ 18 millions de personnes dans le Monde. Le taux de rechute étant très élevé, elle est considérée comme une maladie chronique. Cette drogue est responsable de plus de 50 % des morts par overdose aux États-Unis et 25 % en France. L’enjeu est considérable, d’autant plus qu’il n’existe aucun traitement efficace. 

Deux mutations

Une équipe de chercheurs de l’Institut Pasteur, du CNRS, de l’Inserm et de l’AP-HP vient de montrer que deux mutations génétiques joueraient un rôle sur la dépendance à la cocaïne. Ces mutations sont impliquées dans la conformation des récepteurs nicotiniques[1] dans le cerveau. 

Des études récentes suggèrent qu’une mutation d’un gène codant pour une sous-unité (a5) de ces récepteurs et connue pour augmenter le risque de tabagisme, peut protéger de la dépendance à la cocaïne. 

Pour mieux comprendre cette mutation, l’équipe a mené des expériences au laboratoire. Celles-ci confirment qu’elle protège de l’addiction, en agissant à une phase précoce du cycle de la dépendance à la cocaïne. Les chercheurs ont ensuite évalué cet effet chez 350 patients. Ils ont découvert qu’une autre mutation, appelée β4, serait liée à une rechute plus rapide après sevrage. Par ailleurs, les porteurs de la mutation a5 ont une latence plus importante entre la première prise et l’apparition de signes de dépendance. Une piste prometteuse pour un futur médicament !

Marion Guillaumin


[1] Situés dans la membrane cellulaire, ils sont sensibles au neurotransmetteur appelé acétylcholine. Ils interviennent pour diverses fonctions du système nerveux central.

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