Le Bonobo communique le postérieur en l’air

Le Bonobo communique le postérieur en l’air

La communication peut parfois se faire de manière inattendue. C’est le moins qu’on puisse dire pour l’espèce la plus proche de l’homme. Les femelles Bonobo adoptent une curieuse et inconfortable posture pour rendre visible… leur derrière !

400 heures d’observation 

C’est ce qu’ont mis en évidence des scientifiques du Centre de recherche en neurosciences de Lyon[1], dans une étude publiée dans la revue Scientific reports. Ce résultat émane d’environ 2 400 observations (soit 400 heures) de 21 individus. Quand le primate se nourrit au sol, il s’assoit ou lève son postérieur. En gros, il mange soit accroupi, soit en position « chien tête en bas ». Les chercheurs ont comparé ces deux comportements entre individus et mesuré la durée de chaque posture employée.

Cycle menstruel

Résultat, ce sont les femelles adultes qui optent pour la position du postérieur vers le ciel surtout quand leurs parties génitales sont gonflées. Elles se distinguent des mâles et des femelles immatures, qui quant à eux, mangent tranquillement accroupis. 

Deux questions se posent. Pourquoi les parties génitales de ces femelles sont-elles gonflées ? Comme chez d’autres espèces de primates, leurs organes changent de taille au cours du cycle menstruel, ce qui devient un signal très perceptible pendant la phase de gonflement maximal. 

Ok, mais pourquoi lèvent-elles les fesses ? On pourrait se dire qu’elles sont gênées et que, bien que cette posture soit inconfortable elle est peut-être plus pratique… Or, quand ces femelles recherchent de la nourriture longuement elles s’accroupissement complètement. Les scientifiques rejettent donc l’hypothèse selon laquelle le gonflement empêche l’accroupissement.

Moyen de communiquer 

Cette façon de se tenir serait un moyen de communiquer. En amplifiant la visibilité de leur derrière gonflé, les femelles Bonobo signalent la période fertile aux mâles et aux autres femelles[2]. En attirant d’autres femelles, elles peuvent renforcer les alliances « féministes » et se protéger du harcèlement des mâles. Finalement, chacun sa technique. Certaines lèvent le poing tandis que d’autres lèvent leur postérieur !   

Marion Guillaumin


[1] CNRS, Inserm, Université Claude Bernard Lyon 1, Université Jean Monnet Saint-Etienne.

[2] La sexualité chez cette espèce n’est pas toujours orientée vers le sexe opposé de l’individu. 

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