Bébé croco, mâle ou femelle ? C’est la température qui décide !

Bébé croco, mâle ou femelle ? C’est la température qui décide !

Saviez-vous que le sexe, déterminé généralement génétiquement, peut également dépendre de la température chez certaines espèces ?
Non ? Et bien à présent vous le savez.
Oui ? Très bien, deuxième question. Savez-vous comment ça marche ?
(Si vous le savez aussi, ne cherchez pas, il n’y aura pas de troisième question.)

Une récente étude publiée dans Nature s’est concentrée sur les mécanismes moléculaires sous-jacents permettant à la température ambiante de l’œuf de déterminer le sexe chez l’alligator américain, Alligator mississippiensis. En effet, une température d’incubation inférieure ou égale à 30°C engendre une production de femelles alors qu’une température de 33°C donne principalement des mâles.

Mais alors, qu’est-ce qu’il se passe sous la coquille ?

L’équipe de chercheurs a identifié l’association d’une protéine thermosensible à la température déterminant le sexe de l’embryon. Cette protéine, appelée TRPV4 est présente dans la gonade (i.e organe destiné à la reproduction de l’individu) de l’alligator en développement et est sensible aux températures élevées. De plus, en inhibant cette protéine, les scientifiques ont observé que les gènes nécessaires à l’embryon pour qu’il devienne un mâle (e.g gènes codant l’hormone anti-müllerienne) sont influencés jusqu’à provoquer la féminisation partielle de l’individu à des températures de production de mâles.

C’est donc TRPV4 qui décide ?

Sensible aux températures élevées, cette protéine influence significativement la voie de détermination du sexe gonadique masculin selon la température d’incubation chez cette espèce d’alligator.

Cette étude a donc émis un lien moléculaire (mécanisme sous-jacent) entre environnement, température et voie de détermination du sexe. Les organismes ayant adopté ce système de détermination sexuelle en fonction de la température d’incubation peuvent être sensibles aux changements environnementaux, amenant alors les scientifiques à s‘interroger désormais sur une éventuelle modification de ce lien permettant aux espèces de s’adapter.

Marion Guillaumin

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