Parlons peu parlons Science

Du plancton « géant » jusqu’alors sous-estimé

vendredi 29 avril 2016 par Rédaction de Parlons peu parlons Science

Par Marion Guillaumin.

« Du plancton géant, quoi ? Ou ça ?! » Du calme, on parle juste de plancton de grande taille, cela reste à l’échelle du centimètre.

C’est un groupe d’organismes planctonique appelé Rhizaria, jusqu’à présent sous-estimé qui fait l’objet d’une publication encore tiède (publiée il y a une semaine dans Nature) issue des travaux menés par une équipe de biologistes marins et d’océanographes du CNRS, de l’UPMC – de la station biologique de Roscoff et du laboratoire de Villefranche – et de l’Institut GEOMAR en Allemagne. Ils ont montré sa forte contribution à l’abondance totale du plancton animal de grande taille et à la biomasse globale.

Rhiza-quoi ?
Le plancton marin, comme l’explique l’ami de Bob l’éponge, est un élément essentiel à l’équilibre de la planète. Invisibles à l’œil nu et encore largement méconnues, ces espèces produisent une grande partie de l’oxygène sur Terre et sont à la base de la chaîne alimentaire océanique.
Les rhizaires sont des organismes fragiles qui étaient peu repérés lors des collectes réalisées avec des filets à plancton, généralement menées localement. Considérant les individus de taille comprise entre 0.6 mm et quelques centimètres, l’équipe a utilisé une technique plus performante durant 11 campagnes océaniques, incluant TARA Oceans, dans les principales zones du globe. Une caméra immergée et déployée en profondeur (jusqu’à 1500 mètres, sur 877 stations) a permis d’étudier directement les organismes dans leur environnement sans les endommager, sans les prélever et donc en les perturbant le moins possible.

Vue d’ensemble de rhizaires formant des colonies (en microscopie optique). Chaque point blanc représente un individu de la colonie. Ces colonies peuvent atteindre plusieurs centimètres. Elles ont été collectées en mer Méditerranée, par l’Observatoire océanologique de Villefranche-sur-Mer.
© Christian Sardet, Observatoire océanologique de Villefranche (CNRS/UPMC)

Et alors, ça donne quoi ?
L’équipe de recherche a alors analysé 1.8 millions d’images pour quantifier l’abondance et la biomasse de Rhizaria.
Résultats : ce groupe représente 33% de l’abondance totale du plancton animal de grande taille et contribue à 5% de la biomasse marine mondiale. Réparti de manière hétérogène dans le milieu marin, ce plancton dit « géant » serait dominant dans les zones pauvres en nutriments (au beau milieu de l’océan). Du coup, il se nourrit comment ? Les scientifiques supposent que les rhizaires sont capables de vivre en symbiose avec des micro-algues (i.e échanges réciproques d’aliments), lui permettant de bénéficier directement des produits de la photosynthèse et donc de survivre.

Bref, Rhizaria passait entre les mailles des filets mais ce n’était qu’une histoire de distribution dans le milieu. Ouais, parce-que 33% de l’abondance totale, c’est pas rien !


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