Parlons peu parlons Science

Recherche en fertilité humaine

mardi 12 janvier 2016 par Rédaction de Parlons peu parlons Science

© Inserm – François Guénet

La rubrique Photoscience vous illustre aujourd’hui le stockage et la conservation de sperme et ovocytes dans des cuves de cryogénie. Avec l’utilisation d’embryons ou de gamètes congelés, les chances de grossesse varient de 13 à 30% par tentative, selon les techniques de procréations utilisées.

Préserver la possibilité d’avoir un enfant à l’issue d’un traitement potentiellement toxique pour l’appareil reproducteur est aujourd’hui possible grâce à différentes techniques. Les personnes atteintes de cancer peuvent être particulièrement concernées puisque les chimiothérapies anti-tumorales et la radiothérapie à différents degrés sont à l’origine d’altérations quantitatives et/ou qualitative de la gamétogenèse [Gaméto-quoi ?! La gamétogenèse est le mécanisme biologique qui conduit à la formation des ovocytes (ovules) et spermatozoïdes], du fonctionnement des ovaires et des testicules ou encore de la sexualité. Ces altérations surviennent de manière générale pendant le traitement et peuvent même persister définitivement, tout en rappelant que le risque dépend du type de traitement administré, des doses utilisées et de l’âge de l’individu concerné.

Différentes techniques ?
Chez l’homme, la conservation du sperme est pratiquée depuis près de 30 ans. Après décongélation, les spermatozoïdes peuvent être utilisés pour une insémination intra-utérine ou encore une fécondation in vitro. Actuellement, environ 40 000 hommes disposent de sperme congelé en France. Le recueil de spermatozoïdes matures chez le garçon pré-pubère étant impossible, des expériences sont encore en cours pour permettre une conservation de tissu testiculaire (prélevé et congelé) qui permettrait de réaliser une maturation in vitro des cellules germinales immatures ou de réimplanter ce tissu prélevé à l’issue du traitement toxique.

Chez la femme, la principale technique induit un prélèvement d’ovocytes par ponction transvaginale, suite à un traitement hormonal (stimulation ovarienne). La congélation d’ovocytes étant plus récente, seulement 2 000 enfants dans le monde sont nés suite à ce mode de préservation, dont environ 30 en France. En effet, congeler des ovocytes s’avère plus compliqué que congeler du sperme puisque les ovules ont un volume et une teneur en eau plus importantes. De ce fait, les scientifiques pratiquent la vitrification consistant à plonger les cellules dans l’azote liquide à -196°C pour la congeler instantanément et éviter toute formation de cristaux qui altèrerait l’ovocyte lors de la décongélation. En cas d’urgence ou de stimulation ovarienne déconseillée (e.g cancer hormono-dépendant), il est possible de prélever des ovocytes immatures pour qu’ils prennent le temps de devenir matures in vitro, puis de les congeler ou les féconder en vue d’une cryopréservation embryonnaire (pratiquée depuis plus de 25 ans). Enfin, prélever et congeler du tissu ovarien chez les femmes pré-pubères et pubères est faisable depuis une vingtaine d’années lorsque le traitement est très toxique pour les ovaires.

Quid de la Recherche ?
Des Centres d’Étude et de Conservation des Œufs et du Sperme humaines (CECOS) régissant la gestion des dons de gamètes, sont actuellement intégrés dans des centres d’exploration et de traitements des pathologies de la fertilité humaine. De très nombreux CECOS sont associés à des équipes de recherche (e.g INSERM, Institut Pasteur). Ainsi, un environnement propice au développement de la Recherche existe, permet la publication de différents travaux et facilite les projets multicentriques et les études épidémiologiques.

 


Accueil | Contact | Plan du site | | Statistiques du site | Visiteurs : 60 / 139064

Suivre la vie du site fr  Suivre la vie du site La Science en images  Suivre la vie du site Photoscience  Suivre la vie du site © INSERM   ?

Site réalisé avec SPIP 3.1.6 + AHUNTSIC

Creative Commons License