Parlons peu parlons Science

La baleine bleue optimise !

Par Marion Guillaumin.

Avant que vous ne fassiez de jeu de mots sur ce premier titre de la semaine sur #3PS, que les choses soient claires, la baleine ne fait pas ses courses chez Carrefour®.
Mais selon vous, comment une baleine bleue, un des plus gros animal de la planète, maintient son équilibre énergétique ? Autrement dit, comment se nourrit-elle efficacement pour conserver sa taille ? Des crevettes ? Oui. Mais la baleine ne les mange pas n’importe comment.

Alors que l’espèce Balaenoptera musculus, baleine bleue pour les intimes, peut peser jusqu’à l’équivalent de 25 éléphants (ce qui correspond à environ 200 tonnes sur la balance), il semble important de comprendre son équilibre métabolique, notamment dans un contexte de préservation.

La crevette, principale proie de la baleine ?

La baleine bleue a une respiration aérienne, c’est-à-dire qu’elle a besoin de revenir en surface pour expulser l’air de ses poumons grâce à l’évent (orifice sur sa tête). De ce fait, il lui est difficile de rester trop longuement en profondeur. Ces mammifères marins se nourrissent par filtration, principalement de plancton tel que le krill (petites crevettes) et les copépodes, de poissons et de crustacés.

Mais comment se mettent-elles à table ?
Face à un dilemme entre qualité et quantité des proies, accablé par la contrainte de l’apnée, les baleines ont établi une stratégie que les scientifiques viennent de découvrir.
En effet, une équipe de chercheurs américains a publié ses résultats suggérant le comportement alimentaire sophistiqué des baleines bleues : une quantité de proies dense et de bonne qualité, tout en maximisant le gain d’énergie.

Pour ce faire, les chercheurs ont suivi des mammifères préalablement marqués, le long de la côté Californienne et ont montré que si les proies sont dispersées ou moins denses, les baleines les consomment moins fréquemment et conservent leur oxygène et énergie pour de futures plongées. En bref, elles ne prennent pas le risque de s’épuiser pour une mauvaise pêche. C’est comme si vous piochiez trois fois votre main dans un sachet à la recherche des trois ou quatre M&M’s® restants plutôt que dans un sachet tout droit sorti du magasin. La baleine bleue, elle, déciderait de plonger en profondeur pour une disponibilité comprise entre 100 et 200 crevettes minimum par mètre cube.

Cette stratégie vise donc à concentrer l’effort et donc l’énergie, sur une proie dense et de qualité, ce qui la rend rentable. Ainsi, la baleine maximise son équilibre métabolique en réponse à la variation de la densité de proies dans la colonne d’eau.


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Lee Hazen et al. 2015

6 octobre 2015
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